quelques questions sur

l' Unité
Pédagogique

d'Intégration
 

 

  • Pourquoi l'ensemble scolaire Sainte-Marie Grand Lebrun a-t-il ouvert à la rentrée scolaire 2000 une Unité Pédagogique d'Intégration ?

    Les parents d'enfants handicapés mentaux étaient en quête d'une structure d'intégration qui puisse prendre la suite des différentes possibilités existant dans le premier degré. Ce souci était partagé par le CODIEC (Comité Diocésain de l'Enseignement catholique) de la Gironde et l'ensemble des services diocésains de l'Enseignement Catholique, devant l'inexistence d'une telle structure en second degré qui puisse accueillir des enfants de "11-16 ans ".

    La Direction Diocésaine a donc été à la recherche d'un établissement acceptant d'ouvrir ce type d'unité.

    Le projet éducatif que nous voulons vivre et le projet d'établissement que nous souhaitons proposer à l'ensemble de notre communauté éducative a trouvé dans la demande des instances diocésaines matière à pouvoir répondre favorablement à cette expérience, au nom de notre mission.

  • Comment fonctionne cette classe ?

    " Comme les autres classes ! " serait la première réponse qui vient à l'esprit, puisqu'il s'agit avant tout d'intégration.

    Le nombre d'élèves accueillis dans l'UPI (quasi réglementairement inférieur à 10) ont, au départ, les mêmes horaires que ceux de leurs camarades du collège, pour la division des 6° - 5°, la première année, et suivant l'âge et l'évolution des enfants, la référence est mise sur la division des 4°-3°. .

    Ils suivent 24 heures de cours et/ou d'activités hebdomadaires , répartis sur 4 jours.

    Ils ont un emploi du temps avec des mathématiques, du français, de la musique, des arts plastiques, de l'EPS et même, lorsque cela est possible , de l'histoire et géographie, et de l'anglais.

    Comme, dans tous les cas et pour chacun des élèves, il s'agit d'une pédagogie extrêmement différenciée, à partir de cette trame " générale ", intervient la possibilité de présence dans différentes classes, en intégration au sein des groupes-classe traditionnels.

  • A quels élèves s'adresse cette " classe " ?

    Les élèves accueillis dans les UPI sont des préadolescents ou des adolescents âgés de 11 à 16 ans . Ils présentent un handicap mental qui a été reconnu par la commission départemental de l'éducation spéciale (CDES).

    Ces jeunes présentent différentes formes de handicap :
    Ces derniers conduisent au fait qu'ils ne peuvent être accueillis dans une classe ordinaire, et que toutefois, leur admission dans un établissement spécialisé peut (à la fois pour des questions d'âge ou de diagnostic) être différée.
    Il peut également s'agir de jeunes qui ont été initialement pris en charge par un établissement spécialisé, et dont les progrès permettent de penser qu'une intégration, partielle ou complète, dans le système des apprentissages scolaires, sociaux et culturels va leur être bénéfique.

    Ces élèves manifestent des possibilités cognitives, même si elles peuvent apparaître dans l'instant limitées, et ils se situent dans une dynamique de progrès leur permettant de poursuivre des apprentissages de nature scolaire.

    Ils sont reconnus capables d'assumer les contraintes et les exigences minimales de comportement qu'implique la vie au collège et ils ont acquis la capacité de communication compatible avec des enseignements scolaires, des situations de vie et d'éducation collectives.

  • Avec quel enseignants, et quels enseignants ?

    L'enseignant ayant en charge la section de l'UPI est un maître (instituteur ou professeur des écoles) titulaire du CAPSAIS. Il (ou elle) est auidée par une auxiliaire d'intégration spécialement affectée à l'UPI.

    Les autres professeurs du collège, qui souhaitent se porter volontaires dans le cadre de l'équipe pédagogique de l'UPI, peuvent intervenir pour des intégrations individuelles ou pour des activités spécifiques concernant des regroupement d'intégration.

    L'ensemble des personnes de cette équipe pédagogique de l'UPI peuvent bénéficier de stages de formation continue qui font partie des priorités académiques.

  • Concrètement, comment s'organise l'intégration ?

    Dans toute la mesure du possible, il est souhaitable que la salle de clase attribuée à l'UPI se trouve au milieu des autres salles du collège. Les élèves partagent ainsi les mêmes espaces que leurs camarades : couloirs, cours, escaliers, restaurant scolaire.

    En début d'année des rencontres ont lieu avec leurs camarades du collège pour faire connaissance et réfléchir ensemble.

    Dès que cela est possible, et si les conditions favorables sont réunies, les élèves de l'UPI peuvent participer avec leur camarades à des sorties éducatives ou à des voyages scolaires.

  • Y a-t-il une implication particulière des élèves de l'établissement ?

    Dans le cadre des projets de vie ou de projets pastoraux, cela est tout à fait possible et souhaitable.

    Des élèves de leur niveau, ou des "plus grands" peuvent être impliqués dans des rencontres ponctuelles ou institutionnalisées tout au cours de l'année avec tel ou tel élève de l'UPI ou avec le groupe.

    Comme pour les enseignements et les interventions des professeurs du collège, il n'y a pas de règle fixe préalablement édictée. Cela se traite, au cas par cas, dans le cadre de projets qui même s'ils sont limités dans le temps, n'en sont pas moins enrichissants.

  • Combien de temps un enfant reste-t-il dans l'établissement d'accueil ?

    En principe quatre années. Les deux premières sont rattachées à la division des 6° - 5° , tandis que les deux dernières sont rattachées à celle des 4° ou des 3°.

    Chacune de ces étapes doit être l'occasion de bâtir leur insertion future. C'est ainsi que l'on peut imaginer , en " troisième année ", l'accent mis sur une future formation professionnelle à travers de petits stages dans les différents services de l'établissement (entretien, restauration, etc…).

    Cette démarche, destinée à transformer le jeune en termes de prise de conscience des responsabilités, d'autonomie, de découvertes des contraintes d'un métier, permet de déboucher en dernière année à des stages " externes ".

  • Que deviendront ces jeunes après les années passées à Sainte-Marie Grand Lebrun ?

    Suivant l'âge et la capacité de chacun, différentes solutions peuvent être envisagées, en concordance avec l'âge auquel ils quittent l'établissement.

    Des structures comme les Institut médico-professionnel, des classes post-UPI ou des SEGPA en Lycée agricole (Section d'enseignement général et professionnel adapté), sont couramment à même de les accueillir.

  • Le présent document puise ses sources dans la circ. N° 95-125 du 17 mai 1995
    et des comptes-rendus d'expériences d'intégration parus dans Enseignement Catholique Documents (ECD) n° 229


projet pédagogique de

l' Unité
Pédagogique

d'Intégration


I. Les fondements du processus d'intégration.

  • La circulaire n° 95 - 125 du 17 mai 1995 souligne la nécessité de favoriser l'intégration scolaire des jeunes handicapés quelque soit la nature de leur handicap.
  • L'UPI est une structure d'intégration qui permet à des adolescents présentant un handicap mental dont la nature est compatible avec une scolarisation en collège, de faciliter le passage de la logique d'intégration de l'école primaire (CLIS, ...) à celle du second degré.
  • Ainsi : souple et évolutif, ce dispositif se fonde sur l'alternance de regroupements pédagogiques spécifiques en classe d'UPI et de périodes d'intégrations des classes ordinaires de la 6ème à la 3ème.
  • Le système UPI complète les autres formes d'accueil de ces élèves dans les collèges. Il présente l'avantage d'associer les composantes individuelles et collectives inhérantes à toutes les actions d'intégration.

II. Les objectifs

Ce processus doit être bénéfique à tous les élèves.

  • Le civisme, la solidarité, le respect des autres et de leurs différences sont des valeurs reconnues et promues par l'institution scolaire entière. Les actions d'intégrations portent ces valeurs au plus haut degré et peuvent permettre à des collégiens "ordinaires" de les mettre concrètement en oeuvre.

    L'élève handicapé intégré améliore considérablement ses chances de développer des apprentissages et de réussir ultérieurement son insertion sociale et professionnelle.

  • Pour l'établissement qui l'accueille, les effets positifs sont largement partagés, puisque ce sont tous les élèves qui font, en actes, l'apprentissage de la solidarité et de la citoyenneté. La situation des élèves admis en UPI implique une approche positive du handicap considéré comme évolutif, étroitement lié aux situations, à l'environnement et pas seulement attaché à la personne.

Un développement optimal des capacités cognitives.

  • L'action pédagogique entreprise à l'UPI devra créer les meilleures conditions possibles à ce développement, en fonction des potentialités et des difficultés de chacun.

    Il s'agira aussi de développer l'efficience scolaire, l'autonomie, la sensibilité, le sens de la coopération, de la solidarité et du civisme.

    Une recherche de la participation la plus active et la plus fréquente que possible des jeunes élèves intégrés aux activités des autres classes du collège. Il faut scolariser ces élèves, même très partiellement, dans des classes ordinaires et les faire participer le plus possible à la vie de la communauté scolaire (intégration sociale).

  • L'intégration doit permettre aux élèves de manifester leurs possibilités cognitives, même si ces dernières peuvent apparaître dans l'instant limitées. Ils doivent pouvoir tirer profit de ce moment particulier de scolarisation. Une bonne concertation avec l'équipe pédagogique doit permettre d'éviter au maximum des situations de souffrances voire traumatisante qui pourraient mettre en cause leur intégration. Ils doivent se situer dans une dynamique de progrès leur permettant de poursuivre des apprentissages de nature scolaire et sociale.
  • Le projet individualisé d'intégration et de formation doit permettre de définir, pour chaque jeune intégré, la nature des aides nécessaires à la poursuite et à l'optimisation de ses apprentissages scolaires, sociaux, professionnels et culturels par :
    • Le développement de leur autonomie sociale,
    • La constitution d'un emploi du temps personnel indiquant les cours suivis, le temps de regroupement UPI et le temps libre.
    • Les méthodes et démarches les plus appropriées pour faire progresser le jeune.
    • L'ajustement des progressions scolaires et sociales en fonction des acquisitions du jeune.
    • Acquérir des connaissances en respectant le rythme de travail propre à chacun dans tous les domaines d'activités.

III. Les moyens du processus d'intégration.

A. Un projet de classe adapté :

  • Il s'agit en fait, de mettre en place des projets éducatifs individualisés mis en relation avec les cycles du collège.
    • Chaque élève est à l'origine de la spécificité du projet car se sont ses capacités et ses aspirations qui détermineront l'orientation générale des actions engagées. Il faut mettre l'élève en situation favorable afin qu'il puisse utiliser au mieux ses ressources et les moyens mis à sa disposition pour être acteur de la démarche engagée.

     

  • Le projet éducatif individualisé devra permettre l'élaboration d'un projet pré-professionnel individualisé au sein de l'établissement dans des secteurs divers tels que : la restauration, les espaces verts, la maintenance, ....
    • Ce projet devant aboutir à un stage externe la dernière année du cycle du collège.
    • Il est donc nécessaire de déterminer les compétences du jeune et de prendre en compte ses désirs pour construire avec lui un projet réaliste.

     

  • Les moments de regroupements à l'UPI serviront à développer et/ou à consolider les capacités de chacun.
  • 1) Les objectifs de la classe d'UPI :
    • Ils s'organiseront autour de 3 axes principaux :

      a) L'autonomie
      b) La socialisation
      c) La consolidation des acquis

      La classe doit être un lieu où l'on réussit par la mise en confiance, l'écoute, par la prise de responsabilités, .....

  • 2) Les moyens pour atteindre ces objectifs :


    a) L'autonomie :

    - Connaître et respecter les règles de vie de l'établissement
    - Respecter autrui et se faire respecter
    - Faire attention au matériel et à l'environnement
    - Gérer son emploi du temps
    - Savoir se déplacer :

    * dans l'établissement : trajet classe de référence / U.P.I, se rendre au bureau du CPE, à l'accueil, à l'infirmerie, au réfectoire, au CDI, à la chapelle, en salle de musique, technologie, dessin, sport, etc.....

    * hors de l'établissement : aller à la poste, se repérer dans le quartier de l'école, se rendre à un arrêt de bus, savoir aller au parc,traverser la rue (initiation à la sécurité routière: code de la route et code de "conduite" du piéton), trajet maison-école....

    - Au niveau du travail scolaire (savoir résoudre un exercice seul)

    - Au niveau vie quotidienne : apprendre à téléphoner, à acheter du matériel, faire une liste, gérer le budget de la classe.....

    - Savoir exprimer son ressenti : la fatigue, la colère (pleurer), la douleur, ....

     


    b) La socialisation :

    - Le respect des règles du groupe et de la parole de l'autre : répartition détaillée de la vie scolaire quotidienne.
    - Etre responsabilisé (à travers divers services à effectuer)
    - Entreprendre une correspondance scolaire
    - Apprendre à travailler en groupe restreint (binome), en groupe plus large et individuellement.
    - Mise en commun des apprentissages, partage du vécu de la classe, des intérêts suscités, du comportement de chacun, ....pour faire les ajustements nécessaires.
    - Les échanges inter-classes et savoir établir des relations avec les autres collégiens.
    - Création d'atelier photos qui serait ouvert à tous.


    c) La consolidation des acquis :


    - Noter les réussites et savoir valoriser ses possibilités
    - Avoir confiance et faire confiance.
    - Reconnaître les performances des autres dans tous les domaines
    - Accepter de prendre des responsabilités et les mener à bien
    - Utilisation des outils disponibles dans l'établissement


    * le CDI (bibliothèque : savoir reconnaître les différentes catégories de livres albums, contes, BD, documentaires, journaux, romans,...)
    * L'ordinateur ou l'informatique

    - Faire un bilan hebdomadaire personnel sur son intégration
    - Savoir écouter, s'exprimer, essayer de communiquer avec toutes les différentes personnes rencontrées dans les divers lieux (classe de 6ème, cours de récréation, cantine,...)

B. Projet global :

  • 1) Les objectifs

    Une approche pointue du handicap qui doit être considéré comme évolutif, étroitement lié aux situations, à l'environnement et pas seulement attaché à la personne.

    Une intégration maximale dans un groupe classe, d'âge correspondant.

    Une collaboration étroite avec la famille du jeune pour toutes les phases d'élaboration et de suivi des projets.

    Les professeurs du Collège, concernés par l'intégration des jeunes, pourront bénéficier de stages de formation continue s'ils le souhaitent.

  • 2) Les acteurs impliqués

    * La famille du jeune

    * Les intervenants extérieurs (prise en charge spécifique) qui sont : le médecin de famille, l'orthophoniste, le dentiste, l'ORL, le kinésithérapeute, le psychomotricien, le psychologue ou le psychiatre....

    * Tous les personnels de l'établissement d'accueil :

    • Service d'intendance, d'entretien, de restauration ; dans le cadre de stages internes, les jeunes élèves peuvent être amenés à travailler avec ces services.
    • Structures administratives



    Pour les relations entre l'établissement et la famille.

    • Structures médicales
      * l'infirmière : pour les petites urgences et les soins divers peut faire appel au médecin scolaire, au médecin de famille, ou aux parents si besoin.
      * le médecin scolaire : visite de contrôle ; il peut orienter vers des spécialistes ou être en contact avec le médecin de famille en cas de besoin.
      * le psychologue :


      - groupe de parole
      - accompagnement des personnes en difficultés par rapport au handicap, à l'intégration.
      - collabore à l'élaboration des projets éducatifs.

 

      • Structure pédagogique

      les surveillants, l'aumonerie, les conseillers d'éducation,
      les professeurs, le censeur du collège, le directeur.

       

  • 3) Les moyens

    Des rencontres régulières sont nécessaires pour :


    - l'élaboration du projet individuel d'intégration
    - permettre un ajustement des acteurs au projet

    Un réunion annuelle de synthèse :


    - elle permet à tous les intervenants de rendre compte à la famille du travail accompli et de poser les bases pour l'année suivante.

    Des concertations à la demande pour :


    - des ajustements
    - des modifications régulières au fur et à mesure du déroulement des progrès.


 
 
G.L.A le : 06/09/2010
 
 
 
 
 
 
 

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